MANO A MANO Robert Piles : "Mehdi Savalli n'est pas à la place qu'il mérite"

Arles Réagir

L'Arlésien et son apoderado "s'affrontent" demain à Gimeaux. L'occasion pour Robert Piles d'évoquer son poulain. Entre affection et ambition

 
Les arènes de Gimeaux seront demain le théâtre d'un drôle de mano a mano. Non seulement ils ne seront pas deux, mais quatre matadors au paseo, mais en plus ce festival mettra aux prises les apoderados et leurs protégés. D'un côté, Robert Pilès et Stéphane Fernandez Meca, de l'autre, Mehdi Savalli et Javier Cortes. "Les premiers passent leur temps à donner des conseils aux seconds depuis le callejon. Cette fois, c'est devant le toro qu'ils vont devoir leur montrer comment il faut faire !", s'amusent les organisateurs du club taurin Lou Fourmigo. À cette occasion, La Provence a demandé à Robert Piles d'évoquer longuement "son" torero, Mehdi Savalli, avant une saison 2016 qui marquera ses 10 ans d'alternative.

leur relation

"Ce n'était plus le même homme." "Mehdi est quelqu'un pour qui j'ai toujours eu de l'attachement. Il y a trois ans, certains de ses proches m'ont demandé de l'aider. J'ai décidé de lui donner un coup de main et on a fait sept ou huit corridas, à Arles, Béziers, Nîmes... À la fin de la saison, j'ai senti que ça allait devenir compliqué, je ne voyais pas ce que je pouvais lui apporter de plus, d'autant que j'étais très pris par d'autres toreros qui marchaient bien, comme Escribano. On a donc arrêté notre collaboration, mais je ne l'ai jamais lâché, j'ai continué de le suivre. En 2014, je le vois à l'Aire-sur-Adour où il coupe trois oreilles à des toros de Baltasar Iban, avec une dimension étonnante. Ce n'était plus le même homme : il était plus affûté, très bien dans sa tête, moins fou - fou. Après cette course, je lui ai dit qu'il n'était pas à sa place, qu'il méritait mieux. On s'est donné un peu de temps, et en mai dernier, je suis redevenu son apoderado."

son toreo

"Il peut être à la fois Padilla et Ferrera.""D'abord, j'ai rarement vu un torero avec une telle capacité à se mettre le public dans la poche, à « connecter » avec les gens. Tu le mettrais au milieu d'une place à Tokyo, et en quelques minutes, les Japonais adhéreraient au personnage. Je ne veux pas qu'il change cette personnalité. Les gens veulent voir un Mehdi bouillonnant, qui fonce dans le tas, et pas faire du Morante de la Puebla. Mehdi, il peut être à la fois Padilla et Ferrera. Avec lui, personne ne sait ce qu'il va se passer. Il a ce côté imprévisible, généreux. Et c'est un torero tout terrain. Qui l'a déjà vu souffrir devant un toro ? Personne. Alors je ne dis pas qu'il va révolutionner le toreo, je mentirais. Mais il peut être une belle surprise de 2016."

sa saison 2015

"Béziers, un grand moment.""Cette saison, il a eu des hauts et des bas. Par exemple, à Saint-Martin-de-Crau je n'y étais pas mais je sais, et lui aussi, que ça s'est passé moyennement. À Arles, il a été très bien, notamment devant son premier toro de Cebada Gago, qui était arrêté : il a montré de la sérénité et beaucoup de temple. Je crois qu'il a agréablement surpris le public. Mais le grand moment, ça reste Béziers, devant les Miura : il y avait 10 000 personnes debout qui criaient son nom ! Il a coupé une oreille de poids, à tel point qu'après la corrida, le directeur des arènes de Béziers, Robert Margé, m'a dit : « Le premier torero engagé pour la feria 2016, c'est Mehdi Savalli. » Et il faut se souvenir de tout ce qu'il a fait avant : il a toréé une dizaine de fois des Miura, il a coupé deux oreilles à des Victorino Martin à Arles, il a eu une alternative de luxe avec César Rincon, il a coupé deux oreilles à Nîmes dans la foulée... En tant que novillero, il était tout en haut de l'escalafon, il a fait le paseo quatre ou cinq fois à Madrid, une fois à Séville... Aujourd'hui, toute la France taurine le reconnaît dans la rue. Cette cote de popularité, il faut plus l'exploiter. Dans le créneau des corridas dures, l'aficion est saturé des Castaño, Robleño, etc. Il y a une place à prendre, et Mehdi n'occupe pas celle qu'il mérite".

ses 10 ans d'alternative

"En très très bonne voie pour confirmer à Madrid.""Premièrement, on est en très très bonne voie pour qu'il confirme son alternative à Madrid, et dans de bonnes conditions, pendant la San Isidro. Ensuite, c'est un Arlésien pur et dur, donc on va entrer en contact avec la direction des arènes d'Arles pour voir ce que l'on peut faire. Pourquoi pas toréer la Goyesque, ou une corrida à Pâques ? On espère quelque chose qui marquera ses 10 ans d'alternative, mais ce n'est pas nous qui décidons, et on ne fait pas l'aumône."

Feria d'Arles - Corrida 13 septembre 2015

Journal La Provence - lundi 14 septembre 2015 - La dure loi des Toros

La dernière corrida de la feria et des frères Jalabert à la tête des arènes avait lieu hier soir. Les toros de Cebada Gago n'ont pas permis aux matadors de briller.

Aguilar coupe la seule oreille et Savalli offre les meilleurs moments

La tauromachie est injuste. À ceux qui courent après les contrats et qui pour beaucoup travaillent entre deux paseos pour vivre, elle réserve les toros les plus compliqués. Ceux qui, bien souvent, interdisent le triomphe. Mais la corrida a besoin d'eux : elle est née de leur supposée indomptabilité. Hier soir, patatra : les Cebada Gago n'avaient ni la sauvage bravoure qui fait jaillir l'émotion, ni la sage noblesse qui permet l'esthétisme. Résultat : la dernière corrida de la feria du riz a frisé la purge. On retiendra le courage d'Aguilar, qui coupe la seule oreille, et la toreria de Mehdi Savalli, le seul à avoir mis un peu de sentiment dans cette corrida de brutes. Fernando Robleño, lui, est passé sur la pointe des pieds.

Ce dernier avait la charge d'ouvrir les hostilités. Son toro semblait offrir la possibilité de bien faire mais le Madrilène l'a toréé comme si ce n'était pas le cas. Il lui a arraché un à un des derechezos à la limite du quelconque, dans une indifférence totale. A sa décharge, on dit à raison que le public est plus froid au début des corridas. Surtout quand, comme hier, il ne fait pas chaud.

Les cornes aiguisées comme des hachoirs de son deuxième adversaire emportent d'entrée le capote de Robleño. Mais il ne s'emploie pas franchement à la pique où on l'envoie trois fois. Aux banderilles, il fait régner la terreur : on lui en plante deux, puis une, puis zéro. Dans la muleta, il freine des quatre fers et dans le callejon, les noms d'oiseaux fleurissent. Les hachoirs menacent. Robleño fait ce qu'il faut et ne le fait pas trop mal. Mais il tombe sur un os l'épée en main.

Le même qui a privé un peu plus tôt Alberto Aguilar d'une première oreille. Il a raté six fois l'estocade, a pris en vain le descabello puis s'est de nouveau raté une demi-douzaine de fois avec l'épée. Il s'en est excusé, les mains jointes, après avoir écouté deux avis. Dommage, car à force de vaillance, et avec une nervosité bien légitime, il avait maîtrisé un toro aux allures de mauvais garçon : il était brutal, hurlait, tirait la langue et semait la pagaille.

Son deuxième adversaire était un peu plus sage. Aguilar a fait taire la musique puis s'en est allé le toréer sous l'horloge des arènes. Toujours sur ressort, il enchaîne les bonnes séries à droite. Le toro se lasse vite mais lui ne lâche rien. Il conclut d'une grande estocade et décroche une oreille méritée pour l'ensemble de son oeuvre.

Mehdi Savalli a eu le mérite de réveiller le public sur trois paires de banderilles enthousiasmantes et variées face au troisième toro. L'Arlésien signe les plus jolis derechazos de l'après-midi mais la fadeur de son toro l'empêche de mettre du rythme. Il accueille son dernier toro par deux largas à genoux. Tout ça pour du beurre : le toro s'est cassé la patte en passant. Son remplaçant est moins lourd et donne l'air d'être plus maniable. Que nenni. Mehdi cherche en vain la solution et interroge du regard son clan. "Impossible" lui souffle-t-on. C'est la dure loi des toros...

Six toros de Cebada Gago (526kg de moyenne) très bien présentés mais très compliqués pour Fernando Robleño (moutarde à l'estragon et or) silence et silence, Alberto Aguilar (ultra violet et or) silence et oreille, Mehdi Savalli (malabar et or) salut et ovation.

Julia Razil

 

Journal La Provence - 5/9/2015 -

Plein d'émotion et pluie d'oreilles dans les arènes de Saint-Gilles

Thomas Joubert et Mehdi Savalli triomphent lors de ce festival 100 % toreros français

Des arènes pleines, des toros d'El Pilar qui servent, des toreros qui ont envie, des brindis remplis de respect et d'affection, des quites en veux-tu en voilà et une pluie d'oreilles. Hier, dans les arènes de Saint-Gilles, le festival taurin a été un festival tout court. Grâce, avant tout, à l'empresa Toropasion qui a offert les toros, et à l'Association de la jeunesse Saint-Gilloise qui a organisé le spectacle en fixant un prix d'entrée dérisoire (5€). Seule ombre au tableau, la blessure de Denis Loré, accroché juste après l'estocade et évacué vers l'hôpital nîmois de Carémeau avec un traumatisme crânien. Dommage, car Loré venait de ponctuer d'une belle épée un travail propre, sans accroc. La poisse poursuit décidément le Nîmois, déjà malheureux pour son retour à Istres.

Mehdi Savalli a sorti le public de sa torpeur après trois paires de banderilles impeccables. Plus affûté que jamais dans son costume gris, il a montré une joie de toréer communicative, et prouvé qu'il n'était pas destiné qu'aux âpres combats contre des mammouths. Ses longs muletazos, puis son final dans un mouchoir de poche étaient séduisants. Il coupe deux oreilles.

Très torero, Jérémy Banti a hérité d'un adversaire à la fois faible sur patte et exigeant dans ses charges. Son classicisme lui permet de décrocher un trophée.

Ceux qui étaient au Palio d'Istres le 20 juin dernier ont forcément eu un pincement au coeur. Car l'histoire du triomphe onirique de Thomas Joubert s'est répétée. Ou presque. Même torero, même ganaderia, même musique (celle du film Mission, l'orchestre Chicuelo II a bonne mémoire). Et même émotion. À ceci près que le toro d'hier était moins décidé à accorder ses violons que son frère istréen. Touché à la patte avant gauche, il cherchait sans cesse refuge près du callejon. Thomas Joubert s'est efforcé de l'en empêcher pour lui offrir ce toreo dont il a le secret : à la fois suave et vibrant, à la fois classique et varié. Deux oreilles et la queue tombes du palco, et c'est mérité vu le barême appliqué hier par la présidence.

On voit peu (ou plus) Thomas Dufau dans le sud est. En profitant au maximum de la folle noblesse du cinquième toro, Il a montré hier aux aficionados locaux qu'il était pétri de qualités. Il l'a cité de loin, puis a raccourci les distances quand son adversaire s'est essoufflé. Il coupe une oreille.

Andy Younes en a fait autant. Le novillero arlésien a eu le mérite de ne pas se démonter devant un toro de 4 ans et un public distrait par l'assaut d'une armée de moustiques.

Mais ces derniers n'ont pas nuancé l'agréable impression laissée par ce festival : celle qu'il y a derrière Sébastien Castella et Juan Bautista un wagon de toreros français qui a son mot à dire.

L'ARLÉSIEN A GRACIÉ UN TORO

L'épopée péruvienne de Mehdi Savalli
- Edition "La Provence"
Feria - L'épopée péruvienne de Mehdi Savalli
 
Mehdi Savalli. V.F.
 
 

L'Arlésien Mehdi Savalli est de retour du Pérou où il a honoré trois contrats lors de cette fin du mois de juillet. Étant manque d'opportunité en Europe, ces trois corridas lui ont permis de préparer au mieux son rendez-vous d'Istres de demain.

Mehdi a fait son son premier paseo le 20 juillet à Lachaqui, où il a reçu un léger coup de corne, nécessitant la pose d'un drain mais qui ne l'empêche pas de prendre part aux deux corridas suivantes. Il coupe une oreille le 26 juillet à Pauza, avant de retourner dans les mêmes arènes le lendemain pour un gros triomphe avec trois oreilles et une queue, graciant un toro et en étant désigné comme le meilleur matador.

Tout comme cela avait déjà été le cas pour Marco Leal, le pari péruvien de Mehdi a été payant. Il n'est d'ailleurs pas impossible que le matador arlésien se voit offrir d'autres corridas dans l'avenir, ce qui lui permettra de toréer, engager de l'expérience, et faire ses preuves de l'autre côté de l'Atlantique, où un véritable circuit est à intégrer, et où de grandes ferias ont lieu.

Romain Fauvet

Journal "Le Midi Libre"

Presse spécialisée taurine

TRIUNFADORES DE LA FERIA DE CORACORA (AYACUCHO, Peru)

Informa: Manuel Huamani

Una vez finalizada la Feria Taurina en honor a la Virgen de las Nieves celebrada los días 6. 7 y 8 de agosto en la plaza de toros "Virgen de las Nieves" de Coracora (Ayacucho) se procedió a la premiación de los triunfadores del ciclo ferial.

Los galardonados fueron los siguientes:

Mejor matador: Mehdi Savalli.

Mejor ganadería: Iván Rodríguez.

Mejor picador: David de la Barra.

Mejor banderillero: Eduard Jorge Valdez.

Actualités

Plaza de Toros de Caravelí (Arequipa) au Pérou :

Jeudi 04 février 2016 : Emilio Serna (Vuelta al ruedo et Oreille après avis) ; Mehdi Savalli (Silence et Oreille)  et "El Yeta" (Vuelta al ruedo)

face à cinq toros de "San Pedro & Salamanca"

Vendredi 05 février 2016 : Emilio Sena (Vuelta et Vuelta), Mehdi Savalli (Silence et Vuelta) et César Bazán "El Yeta" (Vuelta)

Toros de "San Pedro" (1er, 3ème, 4ème et 5ème) et "Salamanca" (2ème)
 
Mehdi Savalli a été désigné triomphateur de la Feria de Caraveli et a reçu l'"Escapuario de Oro" 2016
 
15 août Arènes de Béziers, Corrida de Miura (1 oreille)
 
3 septembre Arènes de Boujan, Ganaderia Los Galos (1 oreille)
 
Dimanche 11 septembre aux Arènes d'Arles,

Corrida concours pour les 10 ans d’alternative de Mehdi Savalli, :

Morenito de Aranda (Vuelta après avis/ Deux oreilles), Mehdi Savalli (Ovation après avis / Deux oreilles) et Jimenez Fortes (Ovation / Silence après avis) Toros du "Puerto de San Lorenzo" - Escolar Gil - "Alcurrucén" - "Tajo" - "Flor de Jara" – Robert Margé

 

Festival taurin le 2 octobre 2016 aux Saintes Maries de la Mer.

Alejandro Amaya
Luis Bolívar
Jérémi Banti
Mehdi Savalli
Jonathan Veyrunes
Juan del Mar
Sébastien Castella